HISTOIRE: SAMORA MOISES MACHEL (Premier Président du Mozambique)
Samora Moisés Machel, né le septembre 1933 à
Madragoa (actuellement Chilembene) au Mozambique et
mort le octobre 1986 à Mbuzini en Afrique
du Sud, est un homme
politique mozambicain, membre du Frelimo et
premier président de la République populaire du
Mozambique indépendante entre 1975 et 1986. Il est
considéré comme le père de l'indépendance du Mozambique.
Formation
De religion protestante,
Samora Machel est le fils d'un petit chef shangaan (en portugais, changane)
de la province de Gaza.
Il est scolarisé à la mission catholique la
plus proche où il gagne le surnom de « rebelle » mais, à la suite de
la mort de son frère dans une mine en Afrique
du Sud, Samora Machel est obligé de cesser ses études, faute de
crédits. Il parvient néanmoins à commencer une formation d'infirmier et est
embauché à l'hôpital de Lourenço-Marquès. Il devient ensuite l'infirmier personnel attaché
à une doctoresse portugaise. En 1961, Machel
rencontre Eduardo Mondlane, un
intellectuel mozambicain en lutte contre le colonialisme portugais
au Mozambique, de retour au pays à la tête d'une mission pour le compte de l'ONU.
En 1963, Samora Machel
quitte son épouse et choisit de rejoindre la lutte indépendantiste contre la
puissance coloniale portugaise. Machel intègre
le Frelimo (Front
de libération du Mozambique) et rejoint son chef, Mondlane, à Dar
es Salaam. Il suit alors une formation militaire en Algérie et
fait partie le septembre 1964 des
250 guérilleros du Frelimo qui déclenchent la lutte
armée contre le Portugal. En 1966, il devient
secrétaire à la défense du Frelimo, succédant à Filipe Magaia, mort au combat.
En 1968,
Machel devient commandant en chef des forces armées et entre au comité central
du Frelimo.
Le Frelimo n'attend pas le retrait
des troupes portugaises de l'Angola pour développer sa propre administration
dans les régions « libérées ». Le nombre d'écoles et
l'alphabétisation augmentent, des centres de santé sont créés et des cultures
agricoles se développent, organisées par le mouvement. En 1973, les premiers
« comités du parti » sont créés et l’« École du parti »,
chargée de former idéologiquement ses cadres. Bien que la documentation soit
peu abondante au sujet de l'organisation politique de ces régions, il semble
que le Frelimo ait cherché à encourager les paysans à participer aux décisions
plutôt que de confier le pouvoir à ses représentants1.
Après l'assassinat par ses
services secrets portugais d'Eduardo
Mondlane en 1969, il accède à la direction du parti au sein d'un triumvirat avec Marcelino dos Santos et
le révérend Uria Simango. Samora Machel représente alors l'aile marxiste et
multiraciale face aux tenants du courant africaniste. Dès 1970, il s'impose
face à ses deux rivaux et prend seul la direction du mouvement de
libération marxiste. Josina
Mutemba, sa seconde femme, rencontrée en Tanzanie, meurt en 1971
d'une leucémie. En 1973, il se remarie avec Graça
Machel (née Simbine), ancienne ministre de l'Éducation, qui se
remariera ultérieurement (en juillet 1998) au président sud-africain Nelson
Mandela. Elle se consacrera à découvrir les responsables de la mort
de son premier mari.
Carrière
politique et arrivée au pouvoir
En 1974, au Portugal,
les militaires renversent Marcelo
Caetano (successeur du dictateur Salazar), dans le contexte
de la Révolution des œillets.
Les nouveaux dirigeants souhaitent mettre fin aux guerres coloniales que
l'armée portugaise mène en Afrique, en accordant
l'indépendance à ses possessions (Mozambique, Angola, Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe et Cap-Vert).
Le Frelimo est alors l'interlocuteur privilégié du Portugal. Le 7 septembre
1974, à Lusaka, est signé un accord de cessez-le-feu et fixé un calendrier,
prévoyant un gouvernement provisoire, l'indépendance du Mozambique et des
élections pluralistes.
Rapidement la majorité des colons
(120 000 sur 200 000) quittent le Mozambique pour retourner en Europe ou
s'établir en Afrique du Sud. Propriétaires de l'essentiel de l’économie,
certains détruisent leurs biens ou brulent leurs fermes avant de partir, ce qui
provoque un impact significatif et immédiat sur l’économie.
Dès la période de neuf mois de
transition qu’il partage avec le Portugal avant l’indépendance, le FRELIMO
écrase toute opposition. Les anciens militants Lázaro Nkavandame, Uria Simango,
Paulo Unhai, Kambeu et le prêtre Mateus Gwengere sont détenus, sous le prétexte
de s’être alliés à des éléments de la communauté blanche lors du soulèvement du
7 septembre 1974 contre l’octroi du pouvoir exclusivement au FRELIMO (Mateus
Gwengere est enlevé au Kenya, où il s’était exilé, et ramené secrètement au
Mozambique). La même vague attrape Joana Simeão, qui n’avait jamais été membre
du FRELIMO mais avait créé un parti (GUMO – Groupe Uni du Mozambique)
prétendument pro-occidental, lequel proposait un modèle basé sur le pluralisme
et l’économie libre (ironiquement, le FRELIMO adopterait ce modèle quelques
années plus tard, lorsqu’il renonça au marxisme).
Traités de « traîtres »
et d’« ennemis », ils sont soumis à un jugement sommaire présidé par
Machel lui-même selon les lignes dites « révolutionnaires » et
« populaires ». Selon un article des journalistes José Pinto de Sá et
Nélson Saúte paru dans le quotidien portugais « Público », Joana
Simeão, le révérend Uria Simango, Lázaro Nkavandame, Raul Casal Ribeiro,
Arcanjo Kambeu, Júlio Nihia, Paulo Gumane et le prêtre Mateus Gwengere étaient
détenus dans le « campo de reeducação » (camp de rééducation) de
M’telela, dans la province de Niassa (nord-ouest
du Mozambique), lorsque, le 25 juin 1977 (le
deuxième anniversaire de l'indépendance du Mozambique), on leur communiqua
qu'ils allaient être transférés à la capitale, Maputo,
où le président Machel lui-même discuterait leur libération. À un moment donné,
le convoi de jeeps s'arrêta sur la route de terre battue entre M'telela et la
capitale de Niassa, Lichinga. En utilisant
une pelleteuse mécanique,
les soldats avaient ouvert un fossé au bord du chemin et l'avaient
partiellement rempli de bois. Ils ligotèrent les prisonniers, les jetèrent dans
le fossé et les arrosèrent d'essence, à laquelle ils
mirent le feu. Les prisonniers politiques du Frelimo furent brûlés vivants,
pendant que les soldats scandaient des chants révolutionnaires autour du fossé.
Les détails macabres du massacre ne furent connus que dix-huit ans plus tard,
en 1995.
Le Frelimo, dont les gouvernements successifs avaient jusqu'alors
systématiquement refusé de donner des renseignements sur ce qu'étaient devenus
ces éléments dudit « groupe des réactionnaires », se remit au silence2.
Un autre dissident du FRELIMO, Miguel Murupa, réussit à se réfugier au
Portugal, de même que Máximo Dias (n.º 2 du GUMO), Domingos Arouca et Pereira
Leite (bien que ces deux derniers avaient autrefois été des adversaires du
régime colonial). L’avocat Willem Gerard Pott, qui avait eu une activité
considérée comme progressiste pendant l’époque coloniale, est décrié, du fait
de ne pas avoir démontré une fidélité inconditionnelle au FRELIMO, et finit par
mourir en prison à la suite d'humiliations (comme, par exemple, être exhibé à
moitié nu sur la voie publique).
Le Mozambique devient indépendant
le juin 1975. Le
FreLiMo est alors à la tête d'un gouvernement d'union nationale mais les
concurrents ou opposants sont rapidement écartés. Sous l'initiative du SNASP
(Service national de Sécurité populaire) et de la PIC (Police d'investigation
criminelle), les emprisonnements prolifèrent, soit dans des pénitentiaires
traditionnelles, soit dans les soi-disant campos de reeducação perdus
dans la jungle du Nord et du Centre du pays. Même la première femme de Machel,
qu'il avait quittée lors de son départ pour la Tanzanie en 1963, est détenue,
malgré son absence totale d'activité politique. La vie quotidienne des citoyens
est surveillée par les grupos dinamizadores (groupes de
dynamisation), des cellules de contrôle établies au niveau des quartiers et des
lieux de travail.
Samora Machel est élu président
de la République. Il pousse au développement d'une société socialiste et
rejoint le bloc soviétique. Une réforme
agraire est imposée, regroupant les paysans dans des aldeias comunais (villages
communautaires) selon le modèle des kolkhozes et sovkhozes.
Pour cela, le nouveau régime mozambicain n'hésite pas à utiliser les
anciens aldeamentos, des petites agglomérations dans lesquelles
l'armée portugaise avait essayé de confiner les paysans, traditionnellement
dispersés en unités unifamiliales dans la campagne, afin de les soustraire à
l'influence du Frelimo dans les zones du Nord touchées par la guerre (le
Frelimo lui-même tachait alors ces aldeamentos de «camps de
concentration»). Profondément contraire au mode de vie traditionnel dans la
campagne mozambicaine, la réforme agraire basée sur le concept des aldeias
comunais se traduit vite par un échec colossal.
La situation régionale est
compliquée : le Mozambique abrite les bases arrières des mouvements armés
de libération sud-africain (l'ANC) et rhodésien (la ZANU). De leurs
côtés, l'Afrique du Sud, toujours sous le régime d'apartheid, et le
gouvernement blanc de Rhodésie soutiennent
financièrement et logistiquement la ReNaMo, un mouvement
armé qui s'attaque à l'infrastructure mozambicaine. Économiquement, l'aide de
l'Union soviétique ne
suffit pas et les relations économiques et politiques avec les deux voisins du
sud sont des plus tendues. Néanmoins, Machel réussit à rester populaire parmi
la population.
En 1979, la Renamo est
affaiblie quand son chef est abattu. En 1980, le soutien de
la Rhodésie cesse avec l'avènement à sa place du Zimbabwe.
Mais la guerre civilecontinue,
coupant le pays en deux. Dès 1980, Samora Machel se rend compte aussi de l'inefficacité de
sa politique économique et en 1983 se tourne vers le FMI. Le pays connaît
alors une sécheresse sans précédent, et la famine couplée à la guerre civile
contribue à faire du Mozambique un des pays les plus pauvres du monde. À la
suite des exactions de la Renamo, Samora Machel fait rétablir les coups de
fouet en public et la peine de mort.
En 1984, les
difficultés économiques le contraignent de se rapprocher de l'Afrique du Sud.
Il signe l'accord de Nkomati avec
le président Pieter Botha prévoyant
que les sud-africains cessent de soutenir la Renamo contre le retrait du
soutien mozambicain à l'ANC et aux mouvements
anti-apartheid établis sur
son sol. L'accord n'est finalement pas respecté de part et d'autre en dépit des
relations sereines établies au niveau des ministères respectifs des deux pays3.
Le octobre 1986, Samora
Machel s'envole pour la Zambie pour discuter de la situation avec les présidents
zambien, angolais et zaïrois. Le sommet se déroule dans le calme malgré une
ambiance tendue. Mobutu est accusé de soutenir autant l'Unita en Angola que
la Renamo au Mozambique. Le Malawi, non représenté au sommet, est aussi soupçonné par
Machel de donner asile aux rebelles de la Renamo. Machel avait menacé quelques
mois auparavant le Malawi de blocuséconomique et de tirs de roquettes alors que l'ambassade du
Malawi était mise à sac à Maputo au mois de septembre.
Le changement
de politique de Machel vis-à-vis des Portugais Il est souvent admis que l'une
des raisons principales de l'effondrement de l'économie mozambicaine à la suite
de l'indépendance a été le départ précipité de la plupart des quelque
200 000 Portugais résidant au pays à la veille de la Révolution des œillets qui
a eu lieu en 1974 au Portugal, et que cet exode aura été provoqué par
un changement brusque d'attitude de la part de Samora Machel.
En effet, le gouvernement de
transition qui devait diriger le pays entre l'accord de cessez-le-feu (signé le
7 septembre 1974 à Lusaka) et l'indépendance (prévue pour le 25 juin de l'année
suivante) s'était montré très conciliant. Le Premier ministre, Joaquim
Chissano (qui deviendra président de la République après la
mort de Machel douze ans plus tard), réussit à convaincre la plupart des Blancs
que seuls ceux qui avaient de graves responsabilités dans les pages les plus
sombres de l'époque coloniale pourraient craindre le gouvernement du Frelimo.
Un mois avant l'indépendance,
c'est-à-dire, vers la mi-mai 1975, Samora Machel rentra au Mozambique par la
frontière nord, en provenance de la Tanzanie, et entama un périple à
destination de la capitale, Lourenço Marques, située
dans l'extrême sud, où il devait arriver à la veille de l'indépendance. Au long
de ce voyage, les masses étaient littéralement enflammées par ses discours,
dans lesquels il ne cessa de rappeler les aspects les plus odieux et humiliants
du colonialisme sous la perspective des colonisés. Le malaise s'installa
progressivement au sein de la communauté portugaise et nombreux furent ceux qui
décidèrent d'aller refaire leur vie ailleurs.
Plusieurs explications ont été
proposées pour ce changement d'approche. Dans son livre de mémoires Quase
Memórias, le Dr. António de Almeida Santos, un avocat renommé de Lourenço
Marques qui, après la chute du régime de Marcelo
Caetano, a été le ministre chargé de la coordination des territoires
sous domination portugaise et qui a connu Machel de près, soutient que le
président du Frelimo aurait été très affecté par deux épisodes de violence, le
premier desquels causé par un soulèvement dans la capitale, avec prise des
installations du Rádio Clube de Moçambique, à la suite de la
signature de l'accord de Lusaka du 7 septembre 1974 entre le gouvernement
provisoire portugais et le Frelimo, prévoyant l'octroi du pouvoir au mouvement
nationaliste sans partage : ce soulèvement était dirigé par le FICO (Front
intégrationniste pour la Continuité occidentale), un mouvement majoritairement
blanc auquel s'étaient ralliés des dissidents du Frelimo et d'autres membres de
la communauté noire qui voyaient mal l'instauration d'un régime de parti unique
au nom du Frelimo. De sanglantes émeutes éclatèrent alors comme représailles
dans les quartiers noirs de la ville et, pendant plusieurs jours, quelques
milliers d'habitants, surtout des Portugais, furent sauvagement massacrés par
des partisans du Frelimo. Le deuxième épisode de violence eut lieu peu de
semaines plus tard, le 21 octobre 1974, à la suite d'une querelle entre des
commandos portugais et des guérilleros du Frelimo, provoquant aussi de
sanglantes émeutes dans les quartiers à majorité noire, avec l'assassinat de
plusieurs Blancs. Selon Almeida Santos, Machel se serait possiblement convaincu
que la présence d'une communauté portugaise nombreuse au Mozambique constituerait
toujours une source d'instabilité et une potentielle menace contre le pouvoir
du Frelimo. À cela se seraient ajoutées les pressions de l'Union soviétique,
envers laquelle le Frelimo avait contracté une lourde dette, notamment
politique, et qui aurait intérêt à se débarrasser des Portugais afin de mieux
exercer son influence à tous les niveaux4.
Si elle est plausible, cette
explication nous mène à des conclusions surprenantes : Étant donné que les
deux épisodes de violence en cause ont eu lieu au début de la période de
transition (le premier avait même éclaté avant l'entrée en fonctions du
gouvernement présidé par Joaquim Chissano), le Frelimo aurait donc pris la
décision de « chasser » les Portugais au moment même où son Premier
ministre Chissano semblait les encourager à rester. Comment expliquer que le
gouvernement de transition dirigé par un haut responsable du Frelimo ait adopté
une approche conciliatrice aussi contrastante avec le ton ultérieurement
hostile et revanchiste de Machel ? Un manque de coordination entre la
politique du président et celle de son délégué au gouvernement de transition
semble exclu. Il est plus probable que tout ait été préalablement accordé au
plus haut niveau au sein du mouvement, afin de mener tranquillement à terme la
transition au cours d'une première étape jusqu'à ce que le processus
d'indépendance soit devenu irréversible puis, une fois que la grande majorité
des agents de l'administration portugaise, notamment les militaires, aient
quitté le pays (juste avant l'indépendance), le radicalisme de Samora Machel
— c'est-à-dire le vrai visage du Frelimo — se manifesterait.
Mort
Circonstances
Le octobre 1986 dans
l'après-midi, Machel revient en avion du sommet de Lusaka,
d'où avaient été discutées avec les pays régionaux des mesures communes à
adopter contre le régime sud-africain, quand son Tupolev
134 s'écarte soudainement de 34° de sa trajectoire et s'écrase
en Afrique du Sud sur les flancs des montagnes Lebombo (connues
au Mozambique sous le nom de « Montes Libombos »), à 300 mètres de la frontière mozambicaine, près de Mbuzini,
non loin de Komatipoort5.
Machel et 24 autres occupants meurent, neuf survivent. Des unités d'élites de
l’armée sud-africaine et des membres de l’exécutif, dont le ministre de la
Défense Magnus Malan, se rendent
immédiatement sur place et entreprennent de fouiller l'appareil afin d'y
trouver des documents diplomatiques6.
Le Mozambique n'est informé que dix heures plus tard du crash et de son
emplacement.
Après une courte période
d'intérim, Joaquim Chissano devient
président de la République le novembre 1986. En
décembre, il signait un traité d'amitié et de coopération avec le Malawi
mettant fin aux tensions entre les deux pays.
Enquêtes
L'URSS et le Mozambique exigent
aussitôt une enquête internationale sur place. Membre avec eux d'une commission
tripartite, l'Afrique du Sud refuse initialement, en dépit des requêtes de la
commission et de l'Organisation
de l'aviation civile, de mettre à disposition des enquêteurs les
boites noires de l'appareil. En janvier 1987, la cellule d’enquête
sud-africaine dirigée par le juge Cecil Margo rend son rapport et conclut à une
erreur des pilotes, lesquels n'auraient pas demandé les vérifications d'usage
après qu'ils se furent aperçus qu'ils s'étaient déroutés. Le rapport écarte
cependant les rumeurs sur « l'ivresse » des pilotes (invention du
ministre sud-africain des Affaires étrangères avant même le début d'une
enquête) ou de vétusté de l'appareil. Au contraire, les enquêteurs soviétiques
réfutent les conclusions de la commission Margo dont ils soulignent certaines
contradictions et corroborent l'hypothèse d'une balise VOR qui aurait
détourné l'appareil de sa trajectoire6.
En 1996, un rapport de
la Commission vérité et
réconciliation, chargé d’enquêter sur les crimes commis sous
l'apartheid, recommande un complément d'enquête pour éclaircir des points
litigieux soulevés par ses recherches. Le chef de la commission des
investigations, Dumisa Ntsebza, explique en effet que « le faisceau de
soupçons de la commission impliquant l'armée sud-africaine, le renseignement
militaire et les forces spéciales justifie l'ouverture d'une nouvelle enquête
judiciaire ». Les autorités ne donnent pourtant pas suite à cette
recommandation et aucune nouvelle enquête n'est ouverte6.
Le février 2006, Charles
Nqakula – ministre sud-africain de la Sécurité – ordonna qu'un complément
d'enquête soit effectué[réf. nécessaire].
Toutefois, en 2007,
Jacinto Veloso, un ancien membre de la police du Mozambique et ami de Machel,
publie ses mémoires dans lesquelles il soutient que la mort de l'ancien
président était due à un complot entre les services secrets sud-africains et
les Soviétiques qui auraient considéré dangereux que Machel améliore les
relations de son pays avec les puissances occidentales7.
En 2010,
le journaliste portugais José Milhazes publie un livre dans lequel il défend
l'hypothèse d'erreurs de l'équipage russe. Selon lui, tant les Soviétiques que
les Mozambicains auraient intérêt à répandre la thèse d'un attentat perpétré
par le gouvernement de l'Afrique du Sud : l'URSS voudrait sauvegarder sa
réputation (qualité mécanique de l'appareil et professionnalisme de
l'équipage), alors que le gouvernement du Mozambique chercherait à créer un
martyr8.
En Afrique du Sud, le journaliste Mpikeleni Duma recueille les témoignages
d'anciens membres des services de renseignements qui lui déclarent que leur
unité avait été chargée d'organiser le crash de l'avion présidentiel9.
Au moins deux techniciens de l'aéroport de Maputo auraient été recrutés et
payés par l'agent sud-africain Craig Williamson9.

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