HISTOIRE: AHMADOU BABATOURA AHIDJO (Cameroun)
Ahmadou Babatoura Ahidjo (né le
24 août 1924 à Garoua, Cameroun - mort le 30 novembre 1989 à Dakar, Sénégal)
est le premier président de la République du Cameroun.
Fils d'un chef foulbé de religion
musulmane, Ahidjo est un autodidacte qui a intégré l'administration française
comme télégraphiste puis opérateur radio.
Élu à l'assemblée territoriale du
Cameroun en 1947, il devient conseiller de l'Assemblée de l'Union française de
1953 à 1958 et président de celle-ci en 1957. Vice-Premier ministre chargé de
l'intérieur après l'octroi de l'autonomie interne au Cameroun, puis ministre de
l'Intérieur (mai 1957). Grâce à un passage en force sagement orchestré par Jean
Ramadier, haut-commissaire français de l'État du Cameroun sous tutelle des
Nations unies, il fait tomber le gouvernement André-Marie Mbida en
démissionnant avec la totalité des ministres du Nord qui lui sont fidèles. Il
remplace ainsi André-Marie Mbida à la tête du gouvernement en février 19582.
Grâce à son parti l'Union camerounaise, à une constitution taillée sur mesure,
à un tripatouillage électoral et l'aide active de l'armée française qui réduit
les rébellions bamiléké et bassa (de l'Union des populations camerounaises
(UPC) proche des communistes de Ruben Um Nyobe), il est élu en mai 1960
président de la République. Proclamant l'amnistie des maquisards de l'UPC, il
réussit à ramener une confiance couronnée par la réunification avec une partie
du Cameroun britannique (qui refuse l'intégration au Nigeria après référendum).
Le pays devient un État fédéral en octobre 1961.
Ahidjo pense mener un
développement économique qui favoriserait l'unification progressive du pays. En
avril 1964, Mbida Marguerite, âgée de 36 ans, mère de quatre enfants et épouse
du prisonnier politique Mbida condamné à trois ans de prison ferme, se présenta
comme tête de liste du PDC aux élections législatives d'avril 1964. Le PDC fut
le seul parti politique à avoir osé se présenter à ces élections législatives.
Les leaders d'opinion camerounais de cette époque sont tous soit en exil soit
en prison. Les résultats de ces élections selon des sources dignes de foi
donnent une victoire massive au PDC dans ce qui s'appelle alors le
Nyong-et-Sanaga. Cette victoire électorale leur fut confisquée au nom de
l'unité nationale et du parti unique en gestation. Les électeurs refusèrent que
leur soit volée cette victoire électorale. Le gouvernement camerounais de 1964
fit descendre la gendarmerie dans les villages et les protestataires furent
massivement déportés vers les camps de concentration tristement célèbres de
Mantoum, Tcholliré et Mokolo. Il est réélu en 1965.
Malgré l'opposition du Parti des
démocrates camerounais et de l'UPC, il fonde en 1966 un parti unique, l'Union
nationale camerounaise (UNC), assigne André-Marie Mbida en résidence
surveillée3 et met fin en 1970 à la rébellion de l'UPC (exécution d'Ernest
Ouandié). Il est réélu en 1970. Un référendum approuve en mai 1972 une
constitution qui fait du Cameroun un État unitaire. Si le président défend à
l'extérieur les instances de l'OUA, il se retire cependant, en 1973, de
l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM).
De façon inattendue, Ahidjo âgé
de 58 ans, qui tient le pays d'une main de fer en ayant réduit à néant la
contestation de son régime, si forte au début de son règne, décide, tout d'un
coup, de se retirer du pouvoir et de céder sa place à son successeur
constitutionnel, Paul Biya, le 4 novembre 1982, officiellement pour raisons de
santé. Il quitte l'UNC l'année suivante à cause de conflits internes.
Après une tentative avortée de
coup d'État contre le gouvernement à laquelle il a toujours nié avoir participé
le 6 avril 1984, il est accusé et condamné à mort l'année suivante par
contumace.
Séjournant alors entre la France,
l'Espagne et le Sénégal pendant ces événements, il ne rentra jamais au Cameroun
et s'installe au Sénégal. Il y meurt le 30 novembre 1989 et y demeure enterré.
Il était l'époux de Germaine
Ahidjo.
Source : fr.wikipedia.or

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