HISTOIRE: JULES FRANÇOIS BOCANDE (Sénégal)



Jules Bocandé ou Jules-François Bertrand Bocandé, né le  novembre 1958 à Ziguinchor (Sénégal) et mort le  mai 2012 à Metz des suites d'une opération chirurgicale, est un footballeur sénégalais devenu entraîneur de la sélection sénégalais
A l’époque, les entraineurs du Casa Sport sont venus le chercher sans problème. C’est là-bas qu’il agrandi, c’est là-bas qu’il a fait ses premières classes. Il a vite grimpé les échelons, d’abord en étant international junior, puis sénior. Il gagna la coupe du Sénégal en 1979 contre le Jaraaf des Léopold Diop, Louis Camara ses idole sde toujours, des Ndoffene Fall, et des Birane Ly. Il a fallu attendre 31 ans après pour le Casa, pour rencontrer encore le même adversaire en finale de coupe de la ligue pour réitérer l’exploit le 19 septembre 2010 avec les Stephan Badji, Mame Saer Thioune, Emil Paul Tendeng et autre Yaya Sonko. L’année suivante en 1980, la bande à BOCANDE, Demba Ramata NDIAYE, Daour GAYE, Mamadou TEUW et autre Ousmane NDIAYE « compliqué »récidive en jouant la finale de la coupe du Sénégal la même année. Cette fois ci contre la Jean d’Arc de Baba TOURE et de Roger MENDY. Une finale qui va marquer un tournant décisif dans la carrière de Jules François BOCANDE. Voire même un déclic. 

Nous sommes le dimanche 03Août 1980. En début d’hivernage. Le Casa Sport rencontre la JA au stade Demba Diop pour la20éme édition de la coupe nationale du Sénégal. L’explication s’est soldée surun nul d’un but partout. Il fallait une deuxième édition. Les autorités du
football de l’époque en l’occurrence le magistrat Abdoulaye BA « Zeundeu » père de l’ancien international Cheikh Sidy BA sous Peter Schnittger et son équipe, reprogramment la finale la semaine suivante à savoirle dimanche 10 août 1980 au même temple de Demba Diop. La rencontre est émaillée d’incidents, tellement la tension était vive entre les deux camps. 

A l’époque, la rivalité entre Dakar et Ziguinchor sur le plan sportif était indescriptible,surtout quand il s’agissait du Jaraafou de la Jeanne d’Arc, les clubs pionniers de Dakar, voire même les plus grands, les plus riches palmarès avec l’US Gorée dans la capitale. Le trio arbitral composé de Bakary SARR de la Crade Dakar au centre et ses deux assistants Moustapha DOUNIOU et Laty GUEYE tous de la Cra deThiès, ont reconduit la deuxième explication entre dakarois et ziguinchorois. Lemaitre du terrain Bakary SARR sifflera un penalty en faveur de la JA dans les dernières minutes du match.Les sudistes contestent. La tension est vive. Les nerfs sont tendus. L’équipe de Boukar DIOUF a estimé que la faute était en dehors de la surface de réparation. Bakary SARR explique sa décision 30 ans après: «A l’époque, j’étais convaincu que j’avais raison. Le joueur Baba TOURE a été bel et bien fauché dans la zone de vérité»,argumente aujourd’hui l’arbitre de l’époque que nous avons retrouvé aux HLM Las Palmas de Guédiawaye Dakar où il est élu domicile. L’attaquant de la JA a été fauché par l’arrière droit Maurice BOUGAZELLI à l’entrée de la zone de vérité.Le défenseur de l’époque donne sa version des faits : «c’est moi qui avais commis la faute sur Babasur le côté droit. Je jouais comme arrière droit, Baba TOURE s’est déporté sur son côté gauche en voulant me dépasser sur un petit pont et je l’avais faussé àun mètre de la surface de réparation. Il va tomber dans la surface et l’arbitre a sifflé un penalty. » Baba TOURE a vite joué la sentence qu’il a manquée, mais le maitre du terrain a fait rejouer le penalty. « Baba avait joué le ballon sans mon coup de sifflet et comme je suis le maitre du terrain, le tir n’était pas valable et je l’ai fait rejouer », se défend l’ancien homme en noir âgé aujourd’hui de 72 ans. Et s’en suivît une altercation et des contestations sans fin. 



Un mois de novembre 1980,début de l’hiver en Europe, Jules François Bocandé débarque en Belgique dans le
froid et la grisaille. Il descend de l’avion en costume cravate simple, sans manteau, ni jacket. Déjà, il meurt de froid. Le thermomètre affiche seulement10 degré. Il ne faisait pas encore très froid pourtant dans le vieux continent. Heureusement, le dirigeant et son chauffeur qui venaient le chercher, volent à son secours en lui remettant un grand manteau.Ils prennent la direction de Tournai, une petite ville belge très chaleureuse qui jouait en 3éme division. Une ville dont la prospérité économique doit beaucoup à la présence dans le sous-sol, de calcaire carbonifère pouvant être utilisé comme pierre de taille ou être transformé en chaux. 

C’est
dans cette ville historiquement industrielle et agricole que le sénégalais a posé ses valises à la quête d’un avenir rayonnant, mais aussi d’une carrière de footballeur tant rêvée. Il est directement conduit chez le président du club, un certain Jean Henry FONTAINE qui était lui aussi un grand industriel à l’époque à Tournai. Après les présentations, le boss du club demanda au chauffeur de le déposer à l’hôtel en attendant. Pour un sahélien qui n’a presque jamais mis les pieds en Europe, surtout à cette période de froid, il lui devait être très difficile de résister à cette fraicheur. «J’avais tellement froid que je me suis couché avec mes habits. 

Même le manteau qu’ils m’avaient donné, je me suis couvert avec en plus du drap»,rigole t il aujourd’hui. Le lendemain, il partagea le dîner avec Monsieur FONTAINE le président du club. C’est à cet instant qu’il venait d’apprendre que le club joue en 3éme division. Peu importe pour lui, l’essentiel pour Jules, c’était de jouer au football et gagner sa vie et vivre sa passion. Une semaine après, le jeune Jules a voulu carrément rentrer au pays. Motifs ? Sa maman le manque et le froid lui mène la vie difficile. Il téléphona sa mère en lui disant sa toute nouvelle décision, rentrer auprès d’elle. C’était sans compter avec la détermination de madame BOCANDE Thérèse KEMBOUL. La réponse de la génitrice estplus que jamais cinglante : «Si jamais tu rentres, tu vas le regretter. Un homme doit se battre, il ya des gens qui souffrent du froid comme toi et ils tiennent le coup. Alors fais comme eux.»Alors le «bleu» reste revigoré et galvanisé par les propos de sa maman Thérèse. Il retroussa les manches et il sut qu’il faudrait absolument affronter la grisaille, les difficultés et entraves de son nouveau métier, mais aussi les soucis de l’éloignement de la famille. D’ailleurs, quand il avait annoncé à sa maman qu’il partait en Belgique pour jouer du football et en faire un métier, celle-ci lui a rétorqué «Ah bon ! Le football est un métier !» BOCANDE répondît : «Oui, en Belgique, c’est un métier, c’est au Sénégal que ce jeu ne l’est pas.» On  était en 1980. Durant sa première année, Jules BOCANDE a été crédité d’une très bonne saison. Il a marqué huit buts. Et pourtant, il jouait milieu de terra  central qu’il a eu à occuper à l’ASC St Etienne de Bignona en navétane (Championnat national populaire). 

exigences ne pouvaient être que rigoureuses.

Au sein de l’effectif
parisien, figurait aussi un autre sénégalais et pas le moindre : Omar Gueye SENE. L’enfant de Gueule Tapée était même capitaine de l’éminente équipe du Paris Saint Germain. D’ailleurs,il a été pour beaucoup dans la venue de BOCANDE au PSG. Quels étaient justement leurs rapports ? «Omar était un pote. En plus on jouait ensemble en sélection nationale», déclare Jules. « Quand il venait au PSG, le président Borellim’a posé des questions sur Jules parce que je le connaissais et j’étais bien placé pour lui parler de BOCANDE. Je lui avais fait part de ses qualités humaines et sportives. J’ai tout fait pour qu’il vienne au PSG. J’ai parlé au président Borelli et à Gérard Houiller et il a regagné Paris sans problème même si ça n’a pas trop marché pour lui», nous répond Omar. Quand Paris contactait BOACNDE pour le faire venir, il était déjà en coupe d’Afrique des nations de football en Egypte. Le président Borelli a appelé Omar au Caire pour lui dire de tout faire pour convaincre Bocandé à regagner Paris la saison suivante. Omara commencé le travail de sape au Caire. Il lui parla du club, de ses ambitions et de ses installations infrastructurelles. Bref, il a fini par convaincre son coéquipier de l’équipe nationale à le rejoindre au camp des loges. 

Mais malgré les bons rapports avec Guéye SENE, l’idylle tourne au fiasco et Jules BOCANDE plia bagages en novembre 1987 pour partir en catastrophe à Nice. «Pourtant quand il venait au PSG, il avait les épaules assez larges pour jouer là-bas. Le problème c’était, est ce qu’il s’était donné tous les moyens pour s’imposer là-bas, pour être la vraie star qu’il aurait pu être », note Vincent MACHNAUD. Malgré l’échec au club de Borelli, «il a été quand même un grand joueur même s’il aurait pu faire beaucoup mieux. J’ai le regret de constater avec le recul qu’il aurait pu faire mieux. Il avait une bonne destinée en tout cas. S’il avait été beaucoup plus rangé, plus professionnel, il aurait pu faire un beau plan de carrière même s’il a réussi plein de choses», constate le journaliste français. Paris lâcha en fin le morceau en acceptant de le prêter au club de la côte d’Azur. A la fin de la saison, l’OG Nice a voulu l’acheter, mais il coûtait encore cher, car il lui restait encore deux ans de contrat avec le PSG qui a bien voulu le faire revenir, en vain. Mais l’attaquant aux dread looks préférait rester au stade du Ray. 

Devant l’obstacle de la
cherté du joueur, la mairie de Nice entre dans la danse pour venir en rescousse au club. Elle a racheté son contrat au même titre que Daniel Bravo venu de Monaco. Il restera trois ans et demi à Nice avant de rejoindre en 91/92 le RC Lens. Il a joué 98 rencontres à Nice et a marqué 24 buts pour le club de Gilbert Stellardo, actuel président. A Lens, Bocandé ne fera qu’une saison avec 26 matchs et six buts marqués. Il terminera sa carrière à Alost un club de D2 en Belgique pendant la saison 92/93 avec seulement six matchs et trois buts marqués. Jules François BOACNDE a connu donc sept clubs professionnels en Europe. En 1985/1986, il termine meilleur buteur du championnat de France avec23 buts sous le maillot messin. Il prend part à l’un des plus grands exploits u football français et de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe, la qualification du FC Metz face au FC Barcelone grâce à une victoire 4-1 sur les terres catalanes, après avoir perdu le match aller 4-2. En 1988, il est invité au jubilé de Roger Milla en signe d’amitié fidèle au Lion indomptable. Il a joué 223 matchs en D1française, il a inscrit 69 buts en France. Pourtant, il aurait pu faire plus, tellement on lui prédestinait une carrière beaucoup plus fulgurante. 


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