HISTOIRE: MOHAMED SIAD BARRE (Somalie)
Mohamed Siad Barre : محمد سياد بري, Maxamed Siyaad Barre)
né le 6 octobre 1919, à Ganane (Somalie italienne),
et décédé le 2 janvier 1995, à Lagos (Nigeria), est un officier et homme
politique somalien.
Il est commandant de l'armée du gouvernement démocratique
de Somalie lors de son accession à l'indépendance en 1960. Après l'assassinat du président en 1969, il participe à un coup d'État et devient président de la République démocratique somalie jusqu'à sa destitution en 1991.
Débuts
militaires
Siyaad Barre est originaire d'un clan de pasteurs darods, les Marehans, qui vivent près de la frontière de l'Ogaden. C'est un berger orphelin et
sans parcours scolaire lorsqu'il devient auxiliaire des forces de la police
coloniale italienne dans les années 1930. Devenu sous-officier, il étudie
à l'Académie militaire italienne. Sa participation aux combats durant la Seconde Guerre mondiale, aux côtés des forces italiennes, est probable. En 1941,
il rejoint le corps de gendarmerie mis en place par les Britanniques, qui ont
pris le territoire. Il est le premier Somalien nommé à la tête d'une brigade de
gendarmerie, et devient de ce fait un notable important2,3. En 1950, Siyad Barre est inspecteur-chef dans la
police. En 1949, l'Organisation des Nations unies confie à l’Italie un mandat de dix ans sur le
pays pour préparer l'indépendance. Siyaad Barre fait partie des premiers
Somaliens envoyés en formation en 1954-55 à l'Académie des carabiniers à Florence3. À l'indépendance, en 1960, il
est nommé vice-commandant de l'armée.
La
conquête du pouvoir
En 1969, l'assassinat du président Abdirashid Ali Shermarke, déstabilise la Somalie qui se retrouve au bord de la
guerre civile. Mais le coup d'État mené par Siad Barre en compagnie de jeunes
officiers évite au pays de plonger dans le chaos. Sous sa direction, la junte
militaire promulgue le « socialisme scientifique » comme objectif à
la Somalie4. Il instaure la Deuxième
République, décrète l'égalité des citoyens devant la loi en imposant notamment
à une société traditionnelle l'égalité des sexes. Il instaure la gratuité des
soins et de l'éducation, ce qui encourage plusieurs centaines de milliers de
nomades à s'installer dans les villes et notamment à Mogadiscio. Nationaliste, il développe un culte de la personnalité et appuie les minorités nationales de l'extérieur (Kenya, Ogaden, Djibouti)4,5,6.
Le
jeu des alliances
Durant la guerre froide, l'URSS et les États-Unis s'intéressent à la Somalie
pour son positionnement géographique stratégique, à l'entrée de la mer Rouge. Le gouvernement de Siad Barre
reçoit tout d'abord le soutien de l'URSS. Mais il perd son soutien en 1977, suite aux tentatives somaliennes d'annexion de l'Ogaden, une région de l'Éthiopiequi est également soutenue par
les Soviétiques. Siad Barre renvoie alors les conseillers soviétiques, rompt le
traité d'amitié avec l'URSS, et se tourne vers l'Ouest. Les États-Unis entrent alors en
scène et deviennent, jusqu'en 1989, un soutien de poids au régime, en versant environ 100
millions de USD par an en aide économique et militaire.
En 1977, Siyaad Barre joue un rôle important lorsque, les 17 et
18 octobre, un commando palestinien du nom de Martyr Halimeh,
proche du Front
populaire de libération de la Palestine et
de la Fraction armée rouge, détourne le Vol 181 de la Lufthansa vers
Mogadiscio. Le chancelier allemand Helmut Schmidt et Siyaad Barre négocient
pour laisser l'unité de lutte antiterroriste GSG 9 intervenir sur l'aéroport
de Mogadiscio afin de libérer les otages.
La
chute du régime
À la fin des années 1980, dans le Nord du pays, le Somali National Movement (SNM) du clan Issak (en), armé et entraîné par l'Éthiopie, s'oppose à Siad Barre
et gagne rapidement du terrain. Une répression est menée par l'armée régulière
sur les civils, faisant cinquante à soixante mille tués entre 1988 et 19907, ce qui en fait un des conflits
les plus meurtriers sur le continent. Siad Barre est finalement destitué
le 26 janvier 1991. Ali Mahdi Muhammad lui succède jusqu'en novembre 1991, sans jamais
réussir à s'imposer politiquement et militairement sur l'ensemble du
territoire. Après avoir quitté Mogadiscio en janvier 1991, Siad Barre reste dans le
Sud-Ouest du pays, région contrôlée par son gendre Mohamed Said Hersi (en). Il essaie par deux fois de reprendre le pouvoir à
Mogadiscio, mais, en mai 1992, il est mis en déroute par l'armée du
général Mohamed Farrah Aidid et est contraint à l'exil. Il part pour Nairobi, mais, au bout de deux semaines,
devant la levée de boucliers de groupes d'opposition ayant le soutien du
gouvernement kényan, il s'installe finalement au Nigeria. Il meurt le 2 janvier 1995 à Lagos d'un infarctus du myocarde.
Ses restes sont inhumés dans sa ville natale en Somalie.

Commentaires
Enregistrer un commentaire