HISTOIRE: HASSAN GOULED APTIDON (Djibouti)
Hassan Gouled Aptidon (né officiellement à Djibouti le 15 octobre 1916, mais sans doute vers 1908-1910 à côté de Zeila1; mort le 21 novembre 2006), est un homme politique de la Côte française des Somalis, du Territoire
français des Afars et des Issas puis de la République de Djibouti.
La période
coloniale
Hassan Gouled commence sa carrière dans les années 1930,
comme infirmier. Il est en poste à Dikhil en 19322. Il est ensuite entrepreneur.
En 1946, il fonde avec Mahmoud Harbi le Club de la jeunesse somalie et dankalie. Ils sont élus ensemble en 1950 au Conseil représentatif
de la colonie, puis se séparent. Hassan Gouled est élu sénateur français,
contre Mahmoud Harbi. Il le reste de 1952 à 1958, puis est député à l'Assemblée
nationale de 1959 à 1962. Il est battu aux élections législatives de 1962
par Moussa Ahmed Idriss, du Parti du mouvement populaire (PMP).
En 1957, il n'est pas élu au Conseil représentatif, c'est
la liste soutenue par Mahmoud Harbi qui l'emporte. Mais au référendum de 1958,
Hassan Gouled appelle à voter pour le maintien du territoire sous souveraineté
française. Avec le soutien de l'administration, son parti gagne les élections
territoriales consécutives et il devient vice-président du Conseil de
gouvernement.
Dans les années 1960, il dirige l’Union démocratique issa. Il est signataire de l'accord d'Arta en septembre 1963. Il est
ensuite ministre de l'enseignement dans un gouvernement dirigé par Ali Aref Bourhan.
Il est brièvement emprisonné en juillet 1967, avec
d'autres responsables du Parti du mouvement populaire (PMP). Il est élu à l'Assemblée territoriale en
novembre 1968, puis devient ministre de l'intérieur.
Vers
l'indépendance
En 1974, Hassan Gouled appelle à voter pour François Mitterrand. Il devient président de la Ligue
populaire africaine pour l'indépendance (LPAI)
créée en février 1975 par la fusion de l'Union
populaire africaine (UPA) et de la Ligue pour l’avenir et l’ordre. Le secrétaire général est Ahmed Dini.
Il devient président du Conseil de gouvernement le 18 mai
1977, et est élu président de la future République de Djibouti le 28 mai par la
Chambre des Députés. Il le reste jusqu'en 1999. Après l'attentat contre le
«Palmier en Zinc», en décembre 1977, il interdit le principal parti
d'opposition, le MPL et instaure un système de parti unique.
Le président
En 1981, il instaure un système politique dominé par un parti
unique en déclarant que son propre parti, le Rassemblement populaire pour le
progrès (RPP), était le seul parti légal. Selon
l'opposition, il aurait alors pratiqué une politique «tribale» en faveur de son
clan, les Mamassan, et en particulier visant à exclure les Djiboutiens
identifiés comme «Afars»3. La pratique de la torture par
les forces de l'ordre sur les opposants est aussi dénoncée4.
Après le début de la guerre civile en 1991, il autorise la tenue des élections «libres» en 1992. Seuls quatre partis eurent le droit de se présenter.
Le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD), à l'origine des affrontements armés, en est
exclu. Le RPP obtient 72 % des votes et Hassan Gouled est réélu pour un
quatrième mandat en 1993.
Il quitte son poste en 1999, à l'âge officiel de 83 ans, après plus de 22 ans au
pouvoir. Ismail Omar Guelleh, son neveu et chef de cabinet, lui succède en
remportant l'élection présidentielle de 1999.
Hassan Gouled Aptidon est décédé à son domicile, à
Djibouti, le 21 novembre 2006.

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