HISTOIRE: SAM DANIEL SHAFIISHUNA NUJOMA (Namibie)
Sam Daniel Shafiishuna Nujoma (né le 12
mai 1929 dans le Sud-Ouest Africain, alors sous mandat sud-africain)
est le premier président de la République de Namibie indépendante, élu et réélu entre 1990 et 2005.
Sam Nujoma s’intéresse très jeune à la politique et
s’engage dans le combat indépendantiste.
Dans les années 1950, il devient le président de l'Organisation du peuple du
Sud-Ouest africain (South West African People's Organization – SWAPO) et commence à prendre part à la
lutte armée contre la puissance coloniale, l’Afrique du Sud. Depuis le début des années
1950, l'Afrique du Sud administrait le Sud-Ouest Africain selon les principes
et les lois de l'apartheid, classifiant la population entre
races et divisant le territoire en réserves indigènes et terres riches ou
fertiles réservées aux blancs.
Nujoma amena la SWAPO à la lutte armée et à la
clandestinité au début des années
1960. Il parvint à faire reconnaître la SWAPO
aux Nations unies comme seul représentant
légitime du Sud-Ouest Africain rebaptisé Namibie en 1968 alors que l’organisation internationale mettait fin
au mandat sud-africain.
Forcé à l'exil, la SWAPO et Nujoma ne parvinrent jamais à
occuper un millimètre du territoire namibien durant toute la lutte armée.
Pire, en 1975, l'Afrique du Sud envoie un contingent militaire envahir
l'Angola, la base arrière de la SWAPO.
En avril 1976, dénonçant le népotisme, la corruption et l'inefficacité
de la direction du mouvement, Andreas Shipanga l'un des co-fondateurs de
la SWAPO tenta de prendre le contrôle du quartier général du
parti à Lusaka en Zambie, mais Nujoma appela à la rescousse, Kenneth Kaunda le président zambien pour
évité d'être démis de ses fonctions par la force. Les rebelles sont finalement
arrêtés et emprisonnés. Certains seront relachés au bout de six mois, d'autres
disparaitront définitivement alors que Shipanga n'est lui-même libéré qu'en mai
1978.
En dépit de l'échec de la lutte armée, Nujoma se maintint
à la tête de l'organisation, soutenue par les régimes marxistes d'Angola,
de Cuba et surtout de République démocratique allemande (RDA).
En 1988, un accord sous l’égide des Nations unies, la résolution
435, est conclu entre les belligérants et aboutit au retrait des cubains
d'Angola et des Sud-Africains de Namibie.
Aux élections de l'automne 1989, supervisées par l'ONU, la SWAPO emporte la victoire
avec 57 % des suffrages grâce à son implantation dans la tribu des Ovambos
(55 % de la population).
Le 21 mars 1990, Sam Nujoma prête serment en tant que président de la
République de Namibie sous les yeux, entre autres, de Javier Pérez de Cuéllar, secrétaire général des Nations
unies, Frederik de Klerk, président de la République
d'Afrique du Sud et Nelson Mandela, tout juste libéré de prison.
Bien que marxiste, Nujoma appliqua dès le départ une politique modérée
dans un contexte international défavorable aux régimes communistes.
Son plan de réforme agraire est d’abord on ne peut plus
consensuel entre blancs et noirs.
Bénéficiant de la majorité nécessaire, Nujoma fait
changer la Constitution pour effectuer un 3e mandat de 5 ans en
1999 où il est d’ailleurs réélu avec 76,8 % des suffrages.
Au début des années 2000, constatant la forte demande des
noirs en quête de terres cultivables, il propose une nouvelle réforme beaucoup
plus autoritaire mais la réforme agraire semblable et désastreuse, alors en
cours au Zimbabwe et effectuée par son ami Robert Mugabe, en suspens l’application.
À la fin de son mandat, un Nujoma omnipotent et aigri
s’égare en insultes homophobes, ou racistes contre les blancs, voire contre ses
rivaux dans la SWAPO, tels Hidipo Hamutenya, limogé de son poste de ministre
des Affaires étrangères deux jours avant le congrès de la SWAPO du 30 mai 2004
qui devait choisir le candidat à l'élection présidentielle. Son soutien
inconditionnel à Mugabe entache alors la réputation
de la Namibie faisant craindre une contagion zimbabwéenne à la Namibie.
En 2004, sous pression de la SWAPO, il renonce à modifier la
Constitution une nouvelle fois et se choisit un successeur, Hifikepunye Pohamba, lequel est confortablement élu
en novembre 2004.
Son départ du pouvoir intervient alors à un bon moment
pour la stabilité du pays, même s’il continue dans l’ombre à tirer les ficelles
du gouvernement. En 2006, une délegation de la SWAPO venue lui demander de
céder sa place de président de la SWAPO au président de la République,
Hifikepunye Pohamba, a provoqué la fureur de Nujoma, qui leur a répondu par une
fin de non recevoir avant de sortir en claquant la porte.

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