HISTOIRE: Kenneth Kaunda (Premier Président de Zambie)
Né le 28 avril 1924 à
Lubwa, Chinsali en Rhodésie du Nord, actuelle Zambie) est
un homme politique zambien.
Surnommé « le Gandhi africain »,
il devint le premier président de la République de Zambie indépendante et demeura en
fonction du 24 octobre 1964 jusqu'au 2 novembre 1991, à la
suite de sa défaite au scrutin présidentiel de 1991 face
au syndicaliste Frederick Chiluba.
Son ascension politique
Kaunda est le fils d'un pasteur émigré du Malawi. Sans
attache clanique, il parvint à rassembler les différentes ethnies de Rhodésie du nord afin de lutter contre la discrimination raciale et l'exploitation des ressources
naturelles (cuivre notamment) par les britanniques.
En tant que fils de pasteur, il était aussi l'un des
rares noirs à avoir bénéficié d'une éducation scolaire, car à l'époque toutes
les écoles étaient dirigées par les missionnaires, l'administration coloniale
ne voulant pas développer l'instruction publique.
Kaunda fut très vite confronté à la colonisation.
En Rhodésie du Nord, colonie d'exploitation britannique,
se pratiquait la ségrégation raciale. Il a ainsi été plusieurs fois expulsé de
lieux réservés aux blancs, notamment d'une bibliothèque. Kaunda, qui faisait
partie de l'élite dans son pays, forma l'UNIP (United Party for Independence)
au début des années 1960. Il attira
l'attention car il était le seul politicien noir de Rhodésie du Nord croyant en son unité et parce
qu'il était un disciple de Gandhi.
La Féderation de Rhodésie et du Nyassaland
La Fédération de
Rhodésie et du Nyassaland, fut mise en place de 1953 à 1963 par
le Royaume-Uni. Elle regroupait les colonies du Nyassaland, de Rhodésie du Nord et de Rhodésie du Sud. Elle avait instauré la mise en place
d'un gouvernement fédéral et l'octroi de certains droits politiques aux
africains. Ceux-ci étaient associés aux décisons du gouvernement pour leur
permettre d'acquérir l'expérience de la gestion des affaires et un jour la
possibilité d'exercer la réalité du pouvoir.
Le but de la fédération permettait cependant de maintenir
la domination économique des blancs. Les noirs pouvaient voter mais les
conditions censitaires pour accéder au droit de vote étaient tellement drastiques que moins de mille
d'entre eux possédaient une carte d'électeur dans les années 1950.
À partir de 1958, Roy Welensky et Edgar Whitehead, le chef du gouvernement de Rhodésie
du Sud, durent faire face à une agitation politique grandissante des
nationalistes africains qu'ils réprimèrent violemment. En 1960, une
révision de la Constitution provisoire de 1953 devait
être négociée entre le gouvernement britannique, le gouvernement fédéral et les
dirigeants noirs africains. Ces derniers quittèrent la conférence
constitutionnelle pour protester contre l'intransigeance des colons blancs
de Rhodésie du Sud, qui ne désiraient pas partager le
pouvoir et craignaient d'être dominés du fait de leur infériorité numérique.
Les nationalistes noirs ne tardèrent pas à engager des
pourparlers avec le gouvernement britannique pour se retirer du processus de
révision aboutissant ainsi à la faillite de la fédération. En juillet 1961, une
nouvelle constitution n'en fut pas moins proposée par référendum aux
80 000 électeurs sud-rhodésiens. Boycottés par les 4 000 électeurs
africains, elle fut approuvée par les électeurs blancs, satisfaits de voir le
Royaume-Uni renoncer à ses pouvoirs réservés qui l'autorisait à intervenir pour
défendre les intérêts africains.
La Constitution entra en vigueur le 6 décembre 1961, alors que
les premiers troubles violents avaient lieu en Rhodésie du Sud. En
décembre 1962, le
nouveau Front rhodésien (Rhodesian Front - RF) remporta
les élections générales sud-rhodésiennes. Le but du nouveau gouvernement du
Front rhodésien était d'assurer la pérennité de la domination blanche. Au lendemain
de ces élections, la Grande-Bretagne prit acte de l'éclatement politique entre les
Blancs de Rhodésie du Sud et les nationalistes noirs. Elle reconnut alors le
droit au Nyassaland, peuplé à 99 % de noirs, à quitter la fédération.
Le 29 mars 1963, la même
décision fut prise pour la Rhodésie du Nord.
Lors des élections législatives en 1964, l'UNIP
remporta 55 sièges sur 88 ; Kaunda était donc apte à négocier
l'indépendance.
L'indépendance et le soutien aux autres pays africains
Kaunda instaura une dictature à parti unique dans les
premières années de l'indépendance. Il fit de l'UNIP le seul parti politique
autorisé au motif d'éviter l'éclatement du pays, chacune des 70 ethnies étant
représentées par une formation politique. Le système de parti unique fut lancé
afin « d'intégrer toutes les tendances ».
Le régime était d'obédience marxiste, les mines et le chemin de fer furent nationalisés et les fermes collectivisées,
ce qui provoqua un déclin de la production agricole, la mentalité paysanne
étant mal adaptée à la collectivisation.
L'ancienne Rhodésie du Nord était exploitée
économiquement par le Royaume-Uni et la Rhodésie du Sud. Kaunda fit construire le
barrage de la Kafue pour ne plus dépendre du charbon rhodésien : ne pouvant exporter son minerai
par l'Angola en pleine guerre civile, ni par le Congo[Lequel ?], à l'infrastructure insuffisante, et
boycottant la Rhodésie, le chemin de fer fut étendu jusqu'à Dar es Salaam(Tan-Zam) grâce à des capitaux chinois.
La priorité fut donnée à l'enseignement et le taux de
scolarisation augmenta rapidement.

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