HISTOIRE: ISAIAS AFWERKI (Erythrée)





Isaias Afwerki ou Issayas Afewerki (tigrigna : ኢሳይያስ ኣፈወርቂ), né le 2 février 1946 à Asmara (Empire d'Éthiopie), est un homme d'État érythréenprésident de l'État depuis son indépendance en 1993.
Après avoir participé dans les rangs du FPLE à la lutte pour l'indépendance de l'Érythrée vis-à-vis de l’Éthiopie, il accède aux plus hautes responsabilités et exerce sur l'appareil d’État un pouvoir absolu qui constitue une dictatureselon divers organismes internationaux.

Avant la présidence

Isaias Afwerki est né le 2 février 1946 à Asmera, en Érythrée. Il finit ses études d'ingénieur à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne en 1965[réf. nécessaire]. Il fréquente les cercles indépendantistes érythréens et participe au Front de libération de l'Érythrée (FLE) qui mène la lutte pour l'indépendance de l'ancienne colonie italienne, fédérée à l'Éthiopie par l'ONU en 19521 et annexée en 1962. En 1970, il rejoint le nouveau Front populaire de libération de l'Érythrée (FPLE, à dominante chrétienne) qui s'affronte au Front de libération de l'Érythrée FLE (plutôt musulman). On parle pour cette période de «double guerre civile». Les deux partis se réclament du marxisme.
Isaias Afwerki est le secrétaire général du FPLE depuis 1987.

Présidence

L'indépendance de l'Érythrée est proclamée le 27 avril 1993 à la suite du référendum organisé deux jours plus tôt. Le 24 mai, jour de l'indépendance effective, Isaias Afwerki est élu président de l'Assemblée nationale et le même jour, il est désigné président de l'État par les membres de la même assemblée. En février 1994, le FPLE est renommé Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) lors de son troisième congrès et Afwerki reste le secrétaire général du parti unique du nouvel État.
En décembre 1996, il effectue une tournée en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, accompagné du chef de l'agence de privatisation Tewolde Woldemichael. L'objectif de ces visites étaient notamment d'attirer suffisamment d'investissements pour ne plus dépendre des aides étrangères. Aux États-Unis, il rencontre les membres du Corporate Council on Africa2.
Parallèlement à cela, il indique en 1997 vouloir privatiser 37 sociétés (modifiant une précédente déclaration, laquelle portait sur 23 entreprises). Selon le ministre de l'industrie et du commerce d'alors, Oke Abraha, les subsides gouvernementales seront dès lors supprimés car ces entreprises font des bénéfices. Parmi les sociétés concernées figurent : les salines de Massawa et d'Assab, les institutions financières comme la Banque commerciale d’Érythrée et la Compagnie nationale d'assurance2. Le gouvernement ouvrit également des concessions minières dans la région d'Asmara (Rift Resources Ltd., Golden Star Resources, etc. du Canada ; Ashanti Goldfields du Ghana ; Phelphs Dodge Exploration des États-Unis ; WMC Overseas Pty. d'Australie et l'australo-français LaSource Development SA font partie des acquéreurs)2.

Accusations de dérives autoritaires

Dès le début de son mandat, Isaias Afwerki instaure un régime avec parti unique, sans élections, une économie centralisée avec rôle prépondérant de l'État et une forte restriction de la liberté de la presse. Mais c'est surtout après la deuxième guerre contre l’Éthiopie (de 1998 à 2000) que le président Afwerki fait basculer son pays dans la dictature3.
Au sein même du FPDJ, des voix s'élèvent en 2001 pour demander au président l'application de la Constitution approuvée en mai 1997 et une plus grande ouverture politique et sociale. Isaias Afwerki répond peu après en emprisonnant les contestataires (dont son vice-président, Mahmud Ahmed Sherifo) et les journalistes qui s'étaient fait l'écho de ces critiques4.
Dans un rapport publié en 2013, Amnesty International décompte plus de 10 000 prisonniers politiques, arrêtés arbitrairement et détenus sans jugement dans des conditions « atroces ». Le gouvernement en place est accusé d'« autoritarisme »5.
La dictature exercée par Afwerki est à nouveau confirmée par un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme en juin 2015 qui fait état de violations systématiques des droits humains les plus fondamentaux, commises sous sa responsabilité6. En 2016, une commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme en Érythrée fait même état de « crimes contre l'humanité [commis] dans le cadre d'une campagne systématique et à grande échelle contre la population civile depuis 19917 ». La réaction érythréenne à ces conclusions consiste à tout rejeter en bloc et à accuser les États-Unis de contrefaire la vérité pour nuire au régime en place7.

Vie privée

Isaias Afwerki est marié à Saba Haile. Ils ont 3 enfants : Abraham, Berhane et Elsa.

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