HISTOIRE: EMPIRE MONOMOTAPA (ZIMBABWE)
La période pré-Monomotapa s'étend
du ive au xve siècle. Dans les premières années de
l'ère chrétienne, avant le ive siècle, les agriculteurs mineurs,
nommés Batonga, arrivèrent du Sud du Zimbabwe1 et s'installèrent dans les régions minières, à l'Ouest du Zimbabwe.
Vers le xie siècle, arrivèrent les bâtisseurs
appelés Shonas. Ceux-ci construisirent des agglomérations de
pierre dont la plus curieuse et la plus vaste est celle du Grand Zimbabwe,
construit en 1100 et 14502. Ce
terme signifie d'ailleurs « maison de pierre ».
Au début du xve siècle arriva enfin un nouveau groupe
d'agriculteurs-pasteurs, les Vakaranga, venus du Shana actuel.
Ils étaient dirigés par le clan militaire des Rozwi.
Vers 1440, un certain Nyatsimba Mutota (connu
aussi sous son nom de guerre Mutapa), du clan des Rozwi,
entreprit la conquête du plateau rhodésien. Son fils et successeur Matope (1450-1480)
fut un grand conquérant. Il occupa un territoire qui s'étend sur la quasi
totalité de l'actuel Zimbabwe et une partie du Mozambiquelimitrophe. Il
est d'ailleurs considéré comme le vrai fondateur du royaume de Monomotapa.
Mutota et son fils Matope reçurent le surnom de Mwene-Mutapa (signifiant
« seigneur des terres dévastées ») que les Portugais transcriront
en monomotapa et qu'ils traduiront en « seigneur des
mines ».
Histoire de
l'empire
Le Monomotapa atteint son apogée autour des années
1440 grâce au commerce de l'or. Celui-ci était exporté depuis le territoire
de l'empire vers le port de Sofala au
sud du delta du Zambèze, où les commerçants Indiens l'achetaient :
les textiles du Gujerat étaient échangés contre l'or le long
des côtes. Mais, rapidement, la pression des commerçants Portugais et Arabes
commença à changer l'équilibre des forces dans la région.
Les Portugais entamèrent leurs tentatives de dominer
l'Empire Monomotapa dès 1505 mais restèrent confinés sur la côte pendant de
longues années, d'après Fernand
Braudel jusqu'en 1513.
L'empire Monomotapa déclina pour des causes
internes : luttes entre factions rivales et épuisement de l'or des
rivières qu'il contrôlait. Le commerce de l'or fut ensuite remplacé par
le commerce des esclaves. À
cette époque, les États arabes de Zanzibar et Kilwa devinrent
dominants dans la région grâce à la traite
des Noirs vers l'Arabie,
la Perse et
l'Inde3.
L'empire fut finalement conquis en 1629 par les Portugais
et ne retrouva jamais son indépendance. Les derniers représentants des familles
royales établirent un autre royaume Mutapa au Mozambique, parfois appelé
« Karanga ». Les rois Karanga s'appelaient mambos (pluriel)
et régnèrent sur la région jusqu'en 1902.
Le rôle du
commerce de l'or
L'empire a eu un autre effet indirect sur l'histoire de
l'Afrique Australe. L'or de l'empire inspira aux Européens la croyance que le
Monomotapa détenait les légendaires mines du Roi
Salomon mentionnées dans la Bible.
Cette croyance fut l'un des facteurs qui conduisit la compagnie néerlandaise
des Indes orientales (VOC) à fonder la colonie
du Cap, qui débouchera sur la création de l'État d'Afrique
du Sud.
Ces légendes ne sont pas la raison première de la
fondation de la ville (Le Cap fut d'abord une escale à
mi-parcours des routes maritimes entre l'Europe et l'Inde), mais elles furent
abondamment utilisées par la VOC pour convaincre des colons crédules de venir
s'y établir, rêvant de trouver la mythique cité de l'Or « Ophir »
ou « Zand », tout comme les
premiers colons en Amérique du Sud recherchaient l'Eldorado. Les
noms d'Ophir (de l'hébreu אוֹפִיר, port ou
pays biblique connu
pour sa richesse en or) et de Zand (du persan زنگبار Zanj, Zanji-bar signifiant depuis l'Antiquité la
« Côte des Noirs » d'où le nom de Zanzibar) ont agi comme des
aimants sur les colons néerlandais et
autres.
Ce n'est pas l'Empire Monomotapa, mais l'Afrique
du Sud qui avait les plus grandes réserves d'or, dans ce
qui devint plus tard Johannesburg, mais
cela prit environ deux siècles avant qu'on ne les découvrît. Johannesburg est
encore souvent citée comme la « cité de l'or » et en fait son nom
reflète exactement cela dans la plupart des langues indigènes
(« Gauteng » en Sotho ou
« Egoli » en Zoulou).
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