CONTE: LEUK(LE LIÈVRE) CHEZ BOUKI (L’HYENE)(Senghor; A.Sadji)
Depuis
quelque temps, Leuk (le lièvre) s’ennuie. Il n’a plus personne à tromper et il
tourne sur place.Tous les animaux qui le connaissent, grands et petits, le
fuient parcequ’ il est rusé et malicieux. Il veut s’approcher de Till-le-chacal
qu’il vient de rencontre:
«
Adieu, Leuk, lui dit ce dernier.
-
Attends-moi, Till, j’ai quelque chose à te dire
-
Non, merci, Leuk, je suis pressé.
Adieu
!»Le rat palmiste, l’apercevant, grimpe rapidement au faîte d’un arbre.
L’Ecureuil se moque de lui; il n’a pas oublié l’offense qui lui a été faite.
Même Golo-le-singe, qui a pourtant une intelligence d’homme, s’écarte dès qu’il
le voit venir.
A
la longue, Leuk n’a plus qu’une chose à faire: retrouver Bouki (l’hyène) coûte
que coûte.
Il
se rend chez ce dernier et se faire annoncer.
Quand
Bouki (l’hyène) le reçoit, il lui dit de sa meilleure
«Oncle
Bouki», si tu savais la peine que j’ai eue en apprenant que tu étais malade !
«Depuis
quelques jours, je voulais venir prendre de tes nouvelles. Mais, chez moi
aussi, quelqu’un était malade; ma tante.
Elle
est vieille, et ses maux l’oblige à s’aliter. Je te reparlerai tout à l’heure
d’elle, car j’ai une idée intéressante dans la tête.
-
Leuk, dit Bouki, tu ne pourra plus me faire croire quoi que ce soit. Tous mes
malheurs viennent de toi. On m’a battu, on m’a cassé les membres et l’échine à
cause de toi.
-
A cause de moi ! s’écrie Leuk. Voyons, Oncle Bouki, avant chacune de nos
sorties, est-ce-que je ne te dit pas ce qu’il faut faire et ce qu’il faut
éviter ?
Chaque
fois , tu me dis oui pour agir ensuite à ta guise. Je t’assure que je me
considère comme ton meilleur ami et que, si tu suivais mes conseils, rien de
fâcheux ne t’arriverait.
Justement,
j’ai une nouvelle à t’apprendre. Il existe, paraît-il, un pays ou le mil
ne manque jamais.
Ce
pays est situé assez loin d’ici, à une lune de marche. Les habitants ont
beaucoup de mil et de bétail. Ils échangent le mil contre des denrées et des
animaux de toutes sortes.
Moi,
ma tante est vieille et n’a plus que la peau sur les os. Je suis prêt à la
vendre pour échapper à la famine. Si tu veux, nous ferons le voyage, chacun
ammenant sa tante. L’une ou l’autre vaudra bien une charge d’âne ou une
bête à cornes.
Qu’en
pense-tu ?
-
Hum ! fait Bouki, c’est trop beau pour être vrai.
-
Essayons toujours, dit Leuk, Fixons le jour de notre départ et préparons-nous
en silence, sans dire mot à personne.
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