CONTE: LE SECOURS DE MOR MAKH-LE-TERMITE (Leuk-le-lièvre)(Senghor;Sadji)


Tout ce jour et tout le lendemain, Bouki reste suspendu au haut de l’arbre. Son cuir chevelu craque de plus en plus. Il a affreusement mal à la tête. A chaque instant, il pense que son cou va se rompre. Les oiseaux qui passent se moquent de lui.
Tui! Tui! Tui! lui fait le moineau.
Bouki! ki ki ki! raille le mange mil.
Tout doux! tout doux! roucoule la tourterelle, ironique, qui n’est pas si douce qu’elle en a l’air.
Croa! croa! croa! Que fais-tu là ? lui jette la chouette, qui arrondit son bec d’oiseau de proie.
D’en bas, le s animaux se moquent de lui: chacals, biches, écureuils, putois, gueules-tapées.
C’est bien fait pour Bou ki, disent-ils méchamment.
Le troisième jour, Mor Makh-le-termite passe dans les parage. Quand il aperçoit Bouki, qui se balance dans les airs, il est pris de pitié.
Pauvre Bouki! dit-il. La famine a dû faire mourrir toute sa famille. Dans son désespoir il n’a pas voulu survivre à sa femme et à ses enfants. Pauvre Bouki! je vais tâcher de délivrer son corps et de lui donner une sépulture digne d’un bon père de famille.
Mais Bouki se mette à gigoter, pisqu’il ne peut parler, et essaie tant bien que mal de faire comprendre à Mor Makh qu’il est encore vivant et ne tient pas du tout à mourir.
Il dira plus tard à celui-ci: Mais le suicide est une lâcheté!
Mor Makh grimpe le long de l’arbre et atteint les branches où Bouki est suspendu. Avec beaucoup de patience, il se mat à ronger et à les transformer l’une après l’autre, en poussière. Au bout de deux jours, toutes les branches ont cédé et Bouki est précipité sur le sol.
Je ne sais comment te remercier, dit-il à Mor Makh. Ici, je peux rien faire de grand pour toi. Mais, si tu as un jour le temps, passe donc me voir chez moi. Je ferai tout pour te récompenser du service du service que tu m’as rendu.
- Je n’ai fait que mon devoir, répond Mor Makh. Dans la vie, ceux qui ont doivent faire pour ceux qui ne peuvent pas.
là- dessus, Mor Makh S’éloigne modestement.
Adieu, Bouki, mon ami, dit-il.
- Au revoir plutôt, mon cher Mor Makh, mon bienfaiteur; je ne t’oublierai jamais.

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