CONTE: LA RUSE DE LIEVRETEAU (Leuk-le-lièvre)(Senghor,Birago)
A la
fin, il ne reste que Lièvreteau.
« Ou je
me trompe, ou tous mes malheurs viendront de
ce fils
du Diable. Comment réussirai-je à le croquer
comme
les autres ? C’est pourtant le meilleur moyen de
l’empêcher
de parler. »
Revenu
en face du camp, il fait un grand effort pour
imiter
la voix de la Hase12. Il chante :
Lièvreteau
Viens téter ta mère chérie.
Tètera comme il faut
Et retournera à Doumbélane.
Tout doux, tout doux.
« Ma
mère n’a pas une voix nasillarde13 et
elle n’a pas
les
oreilles si courtes », se dit le Lièvreteau.
Bouki s’en va chercher de
longues oreilles. Il fait de
grands
efforts pour ne plus nasiller en chantant. Après
quoi,
il retourne vers le camp. De nouveau, il appelle
Lièvreteau qui s’approche.
« Tu as
peut-être à présent la voix de ma mère, mais les
oreilles
de ma mère ne sont pas faites de deux semelles
collées
aux tempes.
Inutile
d’insister.
Les
animaux sont étonnés, le soir venu, de voir que
Lièvreteau est sain et sauf.
« Il
doit pouvoir nous renseigner, gronde le Lion en le
saisissant
de sa patte rude. Dis-nous tout de suite la
vérité
ou tu ne tèteras plus jamais ta mère. »
12 Femelle du lièvre.
13 Qui sort du nez.
Lièvreteau raconte ce qui s’est
passé. Tous sont
indignés.
«
Pourquoi n’as-tu pas voulu nous renseigner plus tôt ?
A mort
! A mort ! crient les animaux.
– Ne
tuez pas mon fils ! Ne tuez pas mon fils ! supplie
Leuk effrayé. J’ai le moyen de
faire punir Bouki et de vous
rendre
tous vos petits qu’il a dévorés.
– Pas
de promesse. Nous garderons ton fils loin de toi,
jusqu’au
moment où nous retrouverons nos petits. »
Sans
perdre une minute, Leuk se met donc à imaginer
ce
qu’il faut faire pour livrer Bouki aux animaux et sauver
son
cher Lièvreteau.
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